Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 21:57

Loppsi : vers le contrôle social total

 

 

Le projet de « loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure » (Loppsi), dont les députés entament la discussion, est porteur d'un saut qualitatif considérable dans la construction d'une société de la surveillance, du soupçon et de la peur.

 

Même s'il se présente comme un fourre-tout hétéroclite, sa logique est claire : il s'agit de renforcer, d'intégrer et de concentrer tous les instruments disponibles de fichage, de traçage et de contrôle social dont les gouvernants actuels sont sans cesse plus demandeurs.

 

C'est la multiplication des systèmes de vidéosurveillance, y compris désormais des manifestations, alors que toutes les expériences étrangères concluent à leur inefficacité dans la plupart des cas ; l'interconnexion des fichiers de police alors que la Cnil a établi que ces fichiers sont truffés d’erreurs ; le filtrage policier des sites Internet et la chasse aux internautes ; la création d’une justice virtuelle par la systématisation de la visioconférence pour les auditions de détenus ou d’étrangers en rétention administrative.

 

C'est surtout la légalisation des « mouchards électroniques » introduits dans les ordinateurs personnels à l'insu des citoyens espionnés. Et le superfichier « Périclès » pourra croiser tous les renseignements fournis par ces fichiers, par les puces téléphoniques, les factures de paiement en ligne, les numéros de pièces d'identité...

 

A quoi s'ajoutent un couvre-feu pour les mineurs à partir de 13 ans, un nouveau contrat de responsabilité parentale renforçant la pénalisation des familles en difficulté, et la création d’une véritable milice policière accompagnée de l'élargissement des pouvoirs des polices municipales.

 

La Ligue des droits de l'Homme invite chaque parlementaire à mesurer la responsabilité qui est la sienne devant le changement de société dont ce projet de loi est porteur. Elle appelle les citoyens à refuser d'être traités comme de présumés délinquants sous contrôle étatique permanent, dans les moindres recoins de leur vie privée.

Par Zapatist
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Jeudi 11 février 2010 4 11 /02 /Fév /2010 00:17

Image Ici On Fiche...

Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE)

 


Lettre ouverte aux parlementaires 

LOPPSI 2 : Légiférez pour les jeunes et non pas contre les jeunes !

Attentif aux débats concernant la LOPPSI 2 et particulièrement inquiet de mesures toujours plus répressives visant la jeunesse - de 0 à 18 ans -, le Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE) fait part de ses craintes aux parlementaires.

Le Collectif, composé de très nombreux enseignants, éducateurs, parents, juristes, défenseurs des droits des enfants, s’inquiète au plus haut point et dénonce :

- des termes guerriers employés en direction des jeunes, comme le « couvre-feu »

- le détournement de l’obligation scolaire pour imposer des outils de contrôle dans les écoles : fichages accessibles à la police, géolocalisation des adresses, caméras de vidéo-surveillance, systèmes biométriques – systèmes particulièrement coûteux dont le développement ouvre un marché porteur d'intérêts financiers considérables.

- le développement d’une politique basée sur le contrôle et la répression, alors que dans le même temps, l'Etat français délaisse le fondement même de notre démocratie, l'éducation de sa jeunesse : suppression de milliers de postes d'enseignants, remplacements non assurés, classes surchargées, multiplication de stages en responsabilité d'étudiants sous payés et de moins en moins formés,...

- une atteinte à la liberté d'expression des fonctionnaires par l’instauration d’une politique de la peur, notamment vis à vis des professionnels de l’enfance (menaces, sanctions) et des jeunes,

- une violence de plus en plus grande de l’Etat français donnée en exemple à la jeunesse (dérives langagières des représentants de l'Etat à tous les niveaux, violences policières, gardes à vue traumatisantes, sur-pénalisation, mise en oeuvre de fichiers liberticides, etc.)

Le Collectif observe que l’Etat français continue d'ignorer les recommandations du Comité des droits de l’enfant de Genève chargé en juin dernier d’observer le respect de la Convention internationale des droits de l’enfant en France de 2004 à 2009 (1), et poursuit sa course répressive à l’opposé même des recommandations du Comité. A travers une politique de surveillance, de fichage et de répression qui ne fait plus confiance en sa jeunesse, se profile une société qui va droit dans le mur.

Lors de l’audition de la France par le Comité 26 mai 2009 à Genève, la représentante de l'Etat français, Madame Morano, a entendu le Comité des droits de l’enfant revenir de nombreuses fois sur le mal-être des jeunes en France, ainsi que sur le nombre très préoccupant de suicides d'enfants et de jeunes dans notre pays. Le Comité a avancé que la peur des jeunes à devenir délinquants pourrait en être l'explication et a conclu que la confiance et la valorisation de la personnalité donnent de bien meilleurs résultats que la médication et la répression.

Le Collectif demande aux parlementaires de rappeler à l’Etat français qu’il provoque une grande insécurité en direction des jeunes et des familles par toutes ses mesures anti-éducatives.

Le Collectif demande également aux parlementaires de rappeler à l'Etat Français que c'est grâce au respect des recommandations du Comité que sera assurée la sûreté des enfants et de la société française d'aujourd'hui et de demain.

Le Collectif demande enfin aux parlementaires d'intercéder auprès de l'Etat Français pour qu'il renonce à la suppression du Défenseur des enfants, institution recommandée par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, soutenue par de nombreuses associations de protection de l’enfance et prise en exemple dans de nombreux pays du monde.

Mesdames et messieurs les parlementaires, la LOPPSI 2 est dangereuse pour notre démocratie : légiférez pour les jeunes et non pas contre les jeunes !

Le CNRBE

Par Zapatist
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 23:52

La CNIL et son président carpette Alex Turk peuvent dire ce qu'ils veulent: l'interconnexion des fichiers est en marche dans l'Education Nationale.

Le fichier Base élèves soupçonné dans l’arrestation d’une personne sans papiers
http://retraitbaseeleves.wordpress.com/2010/02/04/base-eleves-soupconne-arrestation/

Posté par retraitbaseeleves le 4 février 2010

CNRBE, 4 février 2010. — Un père de famille de Vezin-le-Coquet près de Rennes a été interpellé à proximité de son domicile, par la Police aux frontières (PAF), le 26 janvier. Cette arrestation a eu lieu cinq jours après l’admission de ses enfants dans Base élèves et alors qu’il n’était dans aucun autre fichier.

La défense, lors de l’audience du 1er février au Tribunal administratif de Rennes, s’est inquiétée que le fichier Base élèves ait pu servir de source de renseignements pour cette arrestation. Le représentant de la Préfecture, devant une salle comble, composée de parents d’élèves, d’enseignants, de membres d’associations et collectifs, ainsi que d’élus, répondait qu’il s’agissait d’une arrestation «fortuite». Mais nul n’aura jamais la réponse. Là est bien le problème concernant l’utilisation des traitements automatiques de données. Les transmissions de renseignements échappent aux directeurs qui ont renseigné Base élèves. Elles peuvent se faire au niveau académique ou au niveau national.

Le Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE) rappelle qu’il demande à ce qu’aucun renseignement nominatif ne sorte des écoles pour éviter toute utilisation abusive de données ou toute suspicion portant sur des inscriptions d’enfants et de leurs proches dans les écoles.

Le CNRBE rappelle aussi que le Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies, dans son rapport du 12 juin 2009 à l’Etat français, se disait préoccupé par « l’utilisation de Base-élèves 1er degré  à des fins telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière, ainsi que par l’insuffisance de dispositions légales  propres à prévenir son interconnexion avec les bases de données d’autres  administrations ». Le comité « recommande en outre à l’État  partie de ne saisir dans les bases de données que des renseignements  personnels anonymes et de légiférer sur l’utilisation des données collectées en vue de prévenir une utilisation abusive des informations. »

Tous les enfants, sans aucune discrimination, ont droit à l’éducation. Ils doivent donc pouvoir être inscrits à l’école en toute sérénité.

L’école doit  défendre le principe de laïcité qui garantit le respect à la vie privée pour chaque enfant afin de respecter son droit à l’éducation.

Pour éviter que des parents n’inscrivent pas leurs enfants à l’école de peur d’être repérés, aucune donnée nominative ne doit sortir des écoles : on ne fiche pas les enfants et leurs proches !

Le CNRBE appelle toutes les associations amies de l’école à le rejoindre dans cette demande conforme au respect des droits des enfants.

Par Zapatist
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 20:27

25 janvier 2010

COMMUNIQUE du Réseau des enseignants du primaire en résistance
 

Victoire contre les abus de l'autorité administrative : Erwan Redon et Gilles Lehmann réintègrent leurs écoles

Nous sommes heureux d'apprendre qu'aujourd'hui, lundi 25 janvier, nos collègues Erwan Redon et Gilles Lehmann réintègrent leurs classes dont ils avaient été abusivement soustraits .

Le premier, suite à une décision du Tribunal Administratif de Marseille jugeant illégale sa sanction de déplacement d'office et le second, suite à un recul de L'Inspection Académique de Limoges.

Dans le premier cas, l'administration a sanctionné abusivement l'enseignant marseillais pour avoir exercé sa liberté pédagogique, dans le second cas, elle l'a relevé de la classe pour de simples déclarations d'intention de ne pas respecter à la lettre le protocole d'évaluation nationale des CM2.

Une conclusion s'impose : l'administration crispée et autoritaire de l'Education nationale n'hésite pas à se mettre hors la loi pour tenter de faire plier ceux qui contestent ses directives alors que les enseignants-désobéisseurs ont été respectueux des lois de la République et des droits des enfants.

Nous dénonçons donc l'utilisation partisane du droit, systématiquement désavouée d'ailleurs par les tribunaux administratifs, qui est faite par l'Etat contre les résistants pédagogiques et nous appelons à poursuivre cette résistance dans l'objectif toujours renouvelé de l'intérêt de nos élèves, en particulier des plus en difficulté.
 
www.resistancepedagogique.org

Contacts :
Sébastien Rome 06 88 56 77 24   Marie Odile Caleca : 06 89 32 39 55
 
 
COMMUNIQUE DE L'APPEL DES 200 MAITRES CONTRE LES EVALUATIONS NATIONALES
 
COUP D'EPONGE SUR LA BAVURE
 
Signataire de l'appel des 200 maîtres contre les évaluations nationales, Gilles Lehmann a reçu l'ordre par son inspecteur de laisser sa classe à une remplaçante le lundi 18 janvier. Cette mesure exceptionnelle, appliquée quand des enfants sont mis en danger, se voulait être la réponse à la volonté de notre collègue de ne pas respecter à la lettre le protocole de passation des évaluations de CM2. Était invoqué comme motif (courrier de l'IA de Haute-Vienne) le fait que les élèves n'étaient pas traités à égalité ce qui faussait les résultats du dispositif d'évaluation au point de « désorganiser le service public ». Bref, du terrorisme pédagogique !

Le caractère abusif et disproportionné de cette sanction au regard des faits reprochés a suscité de nombreuses réactions populaires et médiatiques. Finalement, à l'issue de la réunion disciplinaire à l'Inspection Académique de Limoges le 22 janvier, aucune poursuite n'a été retenue contre Gilles Lehmann qui peut ainsi retrouver ses élèves. Il faut dire que le souci d'égalité invoqué aurait contraint le ministère à sortir de leur classe près du tiers des maîtres de CM2 ayant agi comme G. Lehmann l'an dernier ! Mesure rendue d'autant plus impossible que le manque de remplaçants se fait déjà durement sentir. Par ailleurs, le ministère ne pouvait prétendre vouloir garder la porte ouverte pour d'éventuelles améliorations et tolérer un zèle local peu propice à de telles négociations !

On peut d'ailleurs se demander qui désorganise le plus le service public d'éducation actuellement : disparition programmée des IUFM, suppression massive d'emplois notamment de remplaçants, diminution dramatique du temps de classe et des RASED, nouveaux programmes, fin de la carte scolaire, projet d'EPEP, jardins d'éveil... A ce jeu-là, le ministère est largement gagnant ! Rappelons que loin d'être isolés les enseignants opposés à ces évaluations ont notamment reçu le soutien de la principale fédération de parents d'élèves (FCPE) et de nombreuses personnalités du monde éducatif qui toutes, condamnent le dispositif imposé contre l'avis des professionnels.

Le ministère gagnerait donc à les écouter comme l'invitait à le faire dans une question écrite au gouvernement le député C. Sirugue (13.01.10), mais également l'universitaire Nathalie Mons pour qui « des évaluations ne servent à rien si elles ne débouchent que sur des constats chiffrés » (le Monde 20.01.10) ou encore Claude Thélot qui affirme que « le processus global de l’évaluation (outils, observations sur le terrain, analyse, etc.) doit être d’une qualité telle qu’il soit indiscutable aux yeux des observateurs et des utilisateurs » avec « des moyens quantitatifs et qualitatifs […] sans commune mesure avec ce qu’ils sont aujourd’hui ».

Nous espérons qu'une telle péripétie amènera le ministère a plus de raison en acceptant enfin d'entendre tous ceux qui souhaitent faire évoluer ces évaluations pour en faire un véritable outil au service exclusif de la réussite des élèves.

Sylvain Grandserre - Porte-parole de l'appel des 200 maîtres contre les évaluations nationales - le 24.01.10 contact : 06 19 69 45 83
 
Communiqué d'Education-Résistance-Autoritarisme
 
La mascarade administrative de l'Inspection d'académie se poursuit : Erwan Redon réintègre l'école des Convalescents !

 

Le 21 décembre dernier, le Tribunal administratif de Marseille a donné raison à Erwan Redon, instituteur désobéisseur, et à ses défenseurs en suspendant la sanction de déplacement d'office prise par l'Inspecteur d'académie des Bouches-du-Rhône quelques mois plus tôt.

 

En application de la décision du juge des référés, l'IA a annulé la semaine dernière toute la procédure disciplinaire à l'encontre d'Erwan Redon depuis le printemps dernier et lui a demandé de reprendre son ancien poste à l'école élémentaire des Convalescents, à Belsunce (1er arr. de Marseille).

 

L'annulation de la sanction signifierait également que le conseil de discipline qui l'avait prononcée le 17 septembre 2009 ne s'est en réalité jamais tenu !!!
Dans son ordonnance, le juge des référés avait considéré que la procédure inique qui s'était déroulée devant le conseil de discipline était irrégulière, d'une part au regard de la partialité de son président, l'Inspecteur d'Académie, qui n'avait pas hésité à prendre parti publiquement, d'autre part du fait de l'irrégularité du vote des membres de la commission disciplinaire.

 

Informé de cette "nouvelle affectation" à la dernière minute – vendredi 23 janvier pour une reprise de poste lundi 25 - alors que le courrier de l'Inspecteur d'Académie datait du 18 janvier, Erwan Redon va donc réintégrer un établissement qu'il avait quitté le 25 septembre 2009.

 

Ce énième revirement témoigne une fois encore de l'absurdité de la situation. Pour Erwan Redon mais, et c'est sans doute là le plus grave, pour les enfants des deux écoles où il a été en poste cette année qui vont à nouveau devoir subir des changements difficiles, affectivement, perturbant pour leurs apprentissages.

www.education-resistance-autoritarisme.org
Erwan Redon: 06 32 70 91 89
Par Zapatist
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Mercredi 20 janvier 2010 3 20 /01 /Jan /2010 22:43
La chasse aux enseignants désobéisseurs continue (Reffalo, Cazals, Redon, Le Gall entre autres) mais cette fois-ci les masques tombent. Plus que jamais la résistance s'impose dans l'Education Nationale...

Un enseignant de Haute-Vienne, Gilles Lehmann, s'est vu signifier aujourd'hui par son Inspection académique une suspension immédiate de ses fonctions pour ne pas avoir respecté le protocole de passation des évaluations nationales CM2. Il est convoqué le 22 janvier dans le cadre d'une procédure disciplinaire intentée à son encontre.

Témoignage à chaud de Gilles: "J'avais décidé la semaine dernière de faire passer les évals par petits groupes sur le temps de l'APE (aide personnalisée NDLR), j'ai commencé vendredi matin et je me suis expliqué avec l'ien par téléphone qui m'a dit qu'il mettrait un remplaçant si je persistais.
Ce matin il débarque avec l'ia adjoint, on discute un peu et devant mon refus d'appliquer le protocole à la lettre, ils me sortent la lettre de l'IA. D'après eux, je peux rentrer chez moi et je conserve mon traitement.
Ils appellent un remplaçant, vont parler aux enfants et s'en vont. L'evs garde les élèves avant que la remplaçante n'arrive".

Le zèle de l'inspecteur académique de la Vienne risque d'être contre-productif car cette décision n'a aucun fondement juridique.

En effet l'IA aurait du réunir une Commission dans le cadre d'une procédure disciplinaire avant  de prendre cette décision brutale et certainement traumatisante pour les élèves de Gilles. Une décision brutale qui ne s'applique en général qu'aux enseignants qui mettent en danger leurs élèves. 

Ne pas respecter le protocole de passation des évaluations nationales ne fait bien entendu courir aucun danger aux élèves... bien au contraire d'ailleurs... Alors interrogeons-nous et constatons:

Un haut fonctionnaire zélé peut décider du sort d'un de ses subordonnés et cela, sans fondement juridique simplement par abus d'autorité.
Un furieux retour vers le passé de à l'époque où on dissertait sur le tryptique maréchaliste Travail, famille, Patrie.
C'était à Vichy où tous les fonctionnaires devaient marcher au pas et surtout ne pas penser aux lois iniques qu'on leur demandait d'appliquer.

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Par Zapatist
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 00:23
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APPEL DES 200 MAÎTRES CONTRE LES EVALUATIONS NATIONALES

Au cours de l'année scolaire 2009, les évaluations nationales destinées aux élèves de CM2 et de CE1 - et voulues par le Ministre Xavier Darcos - sont arrivées dans les écoles comme s'il s'agissait des sujets du baccalauréat (documents secrets fournis la veille pour le lendemain). Rarement un dispositif aura provoqué autant de réactions négatives, chez les enseignants du premier degré comme chez les parents d'élèves, et pour cause. Il s'agissait en milieu d'année scolaire d'évaluer une année entière, qui plus est sur des nouveaux programmes récemment imposés. Plusieurs épreuves étaient inadaptées (niveau de difficulté, temps accordé). De plus le mode de correction qui n'admettait que 1 ou 0 pour évaluer rendait impossible l'analyse des raisons de l'échec d'un élève. Enfin, le risque d'une communication publique des résultats, et donc d'une mise en concurrence des écoles, était entier.

Malgré les protestations massives et argumentées des professionnels de l'Education et la non communication de 30 % des résultats de CM2, toutes les écoles de France retrouveront en janvier (CM2) et mai (CE1) prochains ces évaluations, dans l'état pédagogiquement irresponsable où elles étaient apparues, avec les mêmes aberrations, la même nuisance et les mêmes risques.

Par ailleurs, la passation des épreuves était récompensée par l'attribution d'une prime de 400 €, dont la répartition va à l'encontre du principe républicain d'égalité, générant ici ou là tensions et conflits (partage entre collègues sur un même poste, problème des remplaçants, enseignants ayant changé d'école). Tout cela s'appliquant à géométrie variable : ainsi quand certaines académies distribuent facilement la prime, d'autres ne le font qu'après total respect de la procédure. De même, au prétexte "d"un service de fonctionnaire non fait", des collègues ont perdu, en plus de la prime, une journée de salaire.

C'est donc avec un mépris affiché et infantilisant que l'administration va à nouveau réclamer la passation de ces évaluations à des enseignants qui ne seraient pourtant pas opposés à de véritables outils au service des élèves et de leurs apprentissages.

Voilà pourquoi nous invitons les maîtres et maîtresses pour lesquels le ministère réduit le service à l'obéissance et à la gestion de la pénurie (suppressions massives d'emplois, semaine de 4 jours, nouveaux programmes, aide personnalisée, fichier informatique base-élèves, fin programmée des RASED et des IUFM), ainsi que les parents d'élèves, à s'opposer à ces évaluations selon les modalités de leur choix : boycott (un élève absent invalide les évaluations), simple passation des compétences déjà travaillées, notation plus intelligente, autre usage des documents... Dans tous les cas, nous demandons à nos collègues de ne transmettre aucun résultat à l'administration ou à le faire sous des formes qu'elle ne pourrait pas exploiter. Nous invitons les conseils des maîtres à soutenir publiquement ceux d'entre eux qui, au CM2 comme au CE1, seraient conduits à agir ainsi dans l'intérêt des élèves, premières victimes de cette ineptie.

Enfin, nous appelons tous ceux – enseignants, parents, syndicats, mouvements pédagogiques, associations de l'éducation populaire, fédérations de parents d'élèves - qui se reconnaîtraient dans la justesse de cette action à rejoindre cet appel et à le diffuser largement autour d'eux dans l'intérêt et le respect de nos élèves et des valeurs qui fondent l'école de la république.

Lien: http://resistancepedagogique.org/site/
Par Zapatist
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 23:42

40 eleves par classe

Par Zapatist
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 23:33

Au cours du 20ème siècle, sous la pression des luttes sociales et sous l'influence du modèle soviétique, les Français ont conquis de nombreuses et importantes avancées telles que la sécurité sociale, la retraite par répartition, l'éducation pour tous, le droit du travail, mais également des services publics forts et au bénéfice de tous. L'article 9 du préambule de la Constitution de 1946 précisait que "tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité."

Avec la disparition de l'URSS, le déclin social amorcé quelques années auparavant a subi un coup d'accélérateur brutal et la priorité des classes dirigeantes capitalistes est apparue très clairement : liquider les services publics. Les raisons sont là aussi assez claires :

1) Le service public brasse une énorme quantité d'argent et représente donc un magot gigantesque que les ogres du capital ont bientôt fini d'engloutir. Et c'est bien de l'argent public, notre patrimoine commun, qui a été englouti par quelques gros actionnaires (Entre 1985 et 1995, on peut estimer à environ 200 Milliards de dollars les recettes des privatisations en Europe).

2) Le service public est financé par nos impôts, et c'est donc toute la société qui se cotise pour que la fermière du Poitou ait autant que possible le même accès à la santé, à l'éducation, aux transports, à la culture, aux moyens de communication... que le cadre parisien. En détruisant le service public, en fermant les hôpitaux, les écoles, les bureaux de poste... nous payons toujours les mêmes impôts, mais c'est autant d'argent que les dirigeants peuvent utiliser pour faire de gros cadeaux aux entrepreneurs et aux plus riches. Deux exemples parlants : le bouclier fiscal, qui plafonne l'impôt des grosses fortunes, nous a coûté 688 Millions d'Euros en 2 ans, soient les salaires annuels de 28.500 fonctionnaires, et la suppression de la taxe professionnelle, qui va coûter 11,5 Milliards d'Euros, représente les salaires annuels de 477.600 fonctionnaires !

3) La fonction publique est plus syndiquée que la moyenne, elle a donc une plus grande capacité de mobilisation sur les mouvements sociaux d'envergure. Casser la fonction publique, c'est casser à la foi la mobilisation sociale, et le dernier refuge où l'emploi n'est pas menacé dans le monde du travail (ce qui est d'ailleurs remis en cause par la loi « Mobilité », votée cet été au parlement).

4) En dernier ressort, en privant les classes populaires de services publics, on dérégule les prix, on fait ainsi exploser les tarifs (EDF, GDF, Poste, Santé...) et on rend les maigres salaires encore plus vitaux, et les salariés encore plus dociles."

Source: cercle communiste cité sur le blog de la CGT Philips de Dreux. Arme fatale du capital: la liquidation des services publics - Le blog de CGT PHILIPS EGP DREUX (21 Novembre 2009)
Par Zapatist - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 23:16

AVIS SUR LES PROCEDURES D’EVALUATION DES ELEVES DE L’ECOLE ELEMENTAIRE EN CE1 ET EN CM2

 

Hubert MONTAGNER

 

Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur du Laboratoire de Psychophysiologie de la Faculté des Sciences et des Techniques de Besançon, ancien Directeur de Recherche à l’INSERM et ancien Directeur de l’Unité 70 “Enfance Inadaptée” de l’INSERM, j’ai une expérience de plus de trente cinq ans dans la conduite d’études longitudinales avec des enfants de différents âges. Dans ce cadre, mes collaborateurs et moi-même avons élaboré et mis en œuvre des démarches, méthodes, protocoles et techniques reproductibles d’un jour à l’autre, d’une semaine à l’autre, d’un mois à l’autre … et vérifiables par d’autres équipes de recherche. Ces études ont permis notamment d’objectiver, de quantifier et d’évaluer à différents moments de l’année, et d’une année à l’autre, les comportements, interactions, systèmes de communication, rythmes et modalités de traitement de l’information chez des enfants accueillis à la crèche, à l’école maternelle ou à l’école élémentaire, à la fois dans leurs différents lieux de vie (domicile familial, structures éducatives…-), et dans des situations contrôlées de « laboratoire ». Pour plus de précisions, on peut consulter les articles publiés dans différents périodiques internationaux à comité de lecture, et donc validés par des pairs.

 

Soucieux du développement de l’enfant au fil de l’âge dans ses différents lieux de vie et d’éducation (parfois de soins), y compris à l’école primaire, j’ai pris connaissance des conditions dans lesquelles les évaluations scolaires avaient été réalisées au milieu de l’année scolaire 2008-2009 dans les écoles de la FRANCE. Pour un scientifique (on peut élargir à l’ensemble de la communauté scientifique sans risquer de se tromper), il est clair que les résultats des évaluations effectuées avec des élèves de CE1 ou de CM2 n’ont pas de valeur ni de crédibilité. En effet, ils ne peuvent conduire à des conclusions fiables qui aboutissent à une connaissance réelle du comportement, des performances et du niveau des élèves, quelle que soit la classe, à cause des biais multiples qui entachent les résultats. On peut ainsi souligner les plus évidents :

 

1. Une évaluation-bilan au cours d’une année scolaire ne peut avoir de signification et de sens que si elle permet de comparer chaque enfant à lui-même et à ses pairs de la même classe dans des situations et environnements identiques, à deux moments au moins de l’année scolaire et séparés par un intervalle suffisant pour cerner au mieux les évolutions temporelles qui peuvent être liées à l’âge, aux processus de développement, à la dynamique des constructions cognitives, à un changement de pédagogie, à des apprentissages de différente « nature » et complexité … Si on affirme qu’elle peut être utile et porteuse d’informations, une évaluation-bilan crédible pourrait être organisée par exemple au début et à la fin de l’année scolaire. Le premier moment pourrait être la mi-octobre alors que les enfants-élèves sont bien “installés” dans leur classe depuis environ un mois, qu’ils sont désormais familiarisés au maître et à sa pédagogie, mais aussi aux pairs, et qu’ils ne sont pas encore trop fatigués par les « rythmes scolaires » qui leur sont imposés. Un deuxième moment pourrait se situer au mois de mai ou au début de juin, avant que les enfants ne soient intellectuellement « saturés » par la succession des journées scolaires les plus longues, stressantes et épuisantes du monde, et qu’ils ne soient démobilisés à l’approche des vacances d’été. On pourrait alors mieux cerner à six-sept mois d’intervalle les progressions, « désorganisations », “régressions”, “paliers”, fluctuations ... des comportements et “performances” des différents enfants dans telle ou telle “matière” en fonction de l’âge, du développement individuel, des constructions cognitives, des acquisitions successives … mais aussi des événements survenus entre les évaluations (changement de maître, changement de méthode pédagogique, problèmes familiaux, maladie, facteurs climatiques et saisonniers ...). Or, au cours de l’année scolaire 2008-2009, il n’y a eu qu’une seule tentative d’évaluation. Sans aucune justification ou explication sérieuse, elle a été programmée arbitrairement en plein hiver au milieu de l’année scolaire. Le choix de ce moment ne repose sur aucune hypothèse crédible, ou alors il faudrait le comparer au début et à la fin de l’année scolaire. Ce qui, bien évidemment, n’est pas souhaitable ni réalisable ;

 

2. Comme dans tout processus d’évaluation, une évaluation-bilan ne peut conduire à des résultats comparables selon que les « tests », « tâches », « exercices » … sont organisés à tel ou tel moment de la journée. La recherche scientifique a en effet largement démontré que, dans toutes les classes d’âges explorées de la petite enfance au CM2 de l’école élémentaire, le niveau de vigilance, les capacités d’attention, la réceptivité, la disponibilité, les comportements et les capacités de traitement de l‘information varient d’un moment à l’autre de la journée. Par exemple, ils ne sont pas les mêmes à 09h00, 11h00, 14h00 et 16h00. Or, si on se fonde sur les informations transmises par les écoles, les « épreuves » ont été organisées à n’importe quelle heure … quand elle est précisée. Globaliser les résultats sans tenir compte de l’heure de « passation », est une supercherie. En outre, ils ne sont pas les mêmes au cours des différents jours de la semaine. On peut faire l’hypothèse forte que, si on avait tenu compte de cette évidence, les résultats auraient été différents si les évaluations s’étaient déroulées un lundi, un mardi, un jeudi ou un vendredi, le matin ou l’après-midi. Les enfants-élèves ne sont pas des machines également disponibles et « performantes » aux différents moments de la journée, de la semaine … et de l’année ;

 

3. Puisqu’il s’agit de procéder à de nouvelles évaluations nationales, comment pourrait-on comparer l’année 2008-2009 à l’année 2007-2008, alors que les consignes, conditions et environnements n’ont pas été les mêmes ? Il en sera de même pour la comparaison éventuelle entre l’année 2008-2009 et l’année 2009-2010. Dès lors, comment pourrait-on conclure à une amélioration ou une dégradation des « résultats scolaires » d’une année à l’autre, à deux ou trois années d’intervalle, tous les dix ans …? A moins qu’il n’y ait des manipulation des résultats en fonction des objectifs fixés par le Ministère de l’Education Nationale ?;

 

4. On m’a rapporté que les conditions des passations au cours de l’évaluation-bilan de l’année 2008-2009 (consignes, durée, mutisme du maître ou explications complémentaires, corrections des fautes par le pédagogue ou non ...) ont été très variables d’une classe ou d’une école à l’autre. Au point que personne ne peut les définir avec un minimum de rigueur, notamment dans le cadre éventuel d’un document officiel du Ministère de l’Éducation Nationale qui vaudrait pour tout le territoire national. En outre, comment pourrait-on comparer les passations complètes aux passations partielles ? Comment pourrait-on comparer les « performances » des enfants « lents » à celles des enfants qui réagissent sans délai aux attentes et directives du maître, surtout dans une situation nouvelle. Il leur faut en effet plus de temps pour mobiliser leurs capacités d’attention, pour traiter l’information, pour organiser une ou plusieurs réponses, pour réaliser la « tâche» … alors que leurs mécanismes et processus cognitifs peuvent être tout aussi fonctionnels, et que leurs constructions intellectuelles sont comparables. Enfin, à partir de quels critères et données les tests, tâches, exercices … ont-ils été choisis ou élaborés ? Tout cela n’est pas sérieux. C’est la crédibilité des évaluations organisées par la France au sein de l’école qui se trouve engagée, en particulier aux yeux des organismes européens et autres qui s’efforcent d’objectiver les résultats des écoliers à l’école élémentaire ;

 

5. On m’a également rapporté que des résultats ont été falsifiés ou “inventés”, parfois à la demande des Inspecteurs de circonscription, parfois par les Inspecteurs eux-mêmes ... pour satisfaire les attentes de la hiérarchie, en l’occurrence l’inspecteur d’académie, les technocrates du Ministère qui ne connaissent pas les exigences d’une évaluation vérifiable et rigoureuse, et le Ministre lui-même. Je ne peux croire que cela soit vrai.

 

Tout concourt à la conclusion que les évaluations-bilans sont des opérations fausses qui ne veulent “rien dire”, à moins qu’elles ne cachent des arrières pensées politiques. C’est indigne de prendre les élèves en otage, de tromper leur famille et de créer le trouble dans les familles et à l’école avec des comparaisons inévitables des résultats obtenus par les différents enfants de la même classe ou d’une autre classe. C’est indigne de dénaturer les missions des enseignants. L’Éducation Nationale se déshonore en organisant une mascarade, ou en la couvrant, et en sanctionnant les professeurs des écoles qui ne veulent pas se prêter à un jeu indigne, à la fois parce qu’ils ont leur conscience de professionnel et d’humaniste pour eux, et parce qu’ils n’ont pas besoin d’une évaluation formelle pour connaître les acquisitions ou déficits cognitifs de chaque enfant, ses capacité de mobilisation des ressources intellectuelles et les insuffisances ou freins qui l’empêchent de comprendre et d’apprendre. En outre, un nouveau fichier informatique est objectivement constitué et donc accessible à tous pour « étiqueter », « cataloguer », voire « stigmatiser » les enfants … les familles et les écoles. Transmis à la hiérarchie de l’Education Nationale, il pourra être ouvert par d’autres personnes et d’autres Administrations, puis « exploité » à des fins politiques.

 

Avec les évaluations-bilans, l’école perd un peu plus de son âme, de sa crédibilité et de son humanité. Il est temps de refonder l’école pour qu’elle ne “marche plus sur la tête”.

 

 

Par Zapatist
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Jeudi 12 mars 2009 4 12 /03 /Mars /2009 23:13
Pour un garant des libertés publiques, la CNIL s'affirme de plus en plus comme la chambre d'enregistrement d'un pouvoir dont le credo sécuritaire est le fichage généralisé de la population et plus largement l'application des nouvelles technologies à la surveillance des personnes... (Voir site de la LDH Toulon et article à venir... mais la matière change de semaine en semaine...)
Sa composition est l'achèvement et la traduction de cette transition...


La Cnil bleu horizon

«  Le Canard enchaîné » - mercredi 4 mars 2009 – page 5 

 

            Sarkozy l'avait promis-juré pendant sa campagne présidentielle de 2007 : il allait « renforcer les moyens de la Cnil pour qu'elle puisse répondre efficacement à ses missions »... C'est chose faite : mais au lieu de crédits sonnants et trébuchants, le « renforcement » en question est surtout doctrinal et consiste à injecter des « moyens » humains dans la stricte ligne gouvernementale, en nommant de nouveaux membres très politisés.

            La commission nationale de l'informatique et des libertés, créée en 1978, c'est ce poil à gratter citoyen institué pour contrôler les dérives et les délires des fichiers informatiques et de la vidéosurveillance, et garantir en principe à tout un chacun un droit d'accès et de rectification. Malgré des moyens en peau de chagrin, c'est encore la Cnil qui a joué cet été les vigies de la démocratie face au nouveau fichier Edvige, version subrepticement élargie de celui des RG. La Commission a obligé le gouvernement à dévoiler son projet de fichier tentaculaire recensant élus, syndicalistes, religieux, mais aussi militants et membres d'associations, à raison de leurs comportements et de leurs déplacements...

            Or, la Commission proprement dite est composée de 17 membres répartis comme suit : 2 sénateurs, 2 députés et 2 membres du Conseil économique et social ; et aussi 2 conseillers d'État, 2 conseillers à la Cour des comptes et 2 magistrats à la Cour de cassation. Et enfin 5 « personnalités qualifiées » issues de la société civile.

            Ce sont justement ces cinq personnalités qualifiées (ou « PQ », sic !) qui viennent d'être renouvelées en février : résultat, elles sont désormais toutes UMP ou apparentées. Parmi elles, le gouvernement a carrément nommé le sénateur Nouveau Centre Jean-Paul Amoudry. Or, si la loi a prévu qu'il y ait quatre parlementaires dans la Commission, ce n'est pas pour que l'on y ajoute un cinquième. Cela pourrait même être un cas de violation du texte, voire de transgression de la séparation des pouvoirs !

            Deux autres « personnalités qualifiées » appartiennent, elles, directement à l'UMP : Claire Daval, avocate qui a figuré sur la liste de Sébastien Huyghe (député UMP du Nord, par ailleurs membre de la Commission) à Lille. Et Dominique Richard, ex-député de Maine-et-Loire et conseiller régional UMP. Enfin, les deux derniers des cinq nouveaux membres ont appartenu à des cabinets ministériels sous Balladur : la conseillère d'État Isabelle Falque-Pierrotin fut dircab' adjointe de Toubon à la Culture entre 1993 et 1995 ; et Jean-Marie Cotteret, membre renouvelé depuis 2004, fut conseiller de Méhaignerie, garde des Sceaux.

            En ajoutant à ce sympathique « Club des cinq » les trois parlementaires de droite sur les quatre nommés de droit, et en décomptant les deux autres ex-membres de cabinet de droite et un ancien trésorier de l'UDF, cela porte à 11 sur 17 les membres de la Commission d'avance acquis aux positions du gouvernement. Pratique, non ? Mieux, le président de la Cnil depuis 2004, le sénateur du Nord Alex Türk, a composé à sa main la Commission restreinte de 6 membres qui inflige les sanctions. Il y a fait nommer le député UMP déjà évoqué Sébastien Huyghe, qui fut son étudiant à la fac de droit de Lille, ainsi que l'avocate Claire Daval, qui ont figuré tous deux sur sa liste aux municipales de Lille... Autrement dit, deux proches et voisins nordistes sur lesquels Türk a la haute main. Si l'on ajoute Cotteret, également de droite, cela lui fait une majorité absolue dans cette formation restreinte. Verrouillez, cadenassez, il en restera toujours quelque chose.

 

 


Par Zapatist
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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 01:09

Dans les années 70, les services de Chirac, alors ministre de l’intérieur , veulent instituer un identifiant unique pour interconnecter les données de cent millions de fiches, réparties dans quatre cent fichiers, au sein d’un "Système Automatisé pour les Fichiers Administratifs et le Répertoire des Individus" (SAFARI)  et le tout au nez et à la barbe des citoyens.
Le Monde révéla l'affaire et la CNIL fut créée.
http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2881

Bravo aux camarades de la LDH de TOULON pour leur vigilance citoyenne.
No Pasaran





Safari, le retour

 article mis en ligne le dimanche 15 février 2009

 http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3129



Alors que les fraudes constatées [
1] ne représentent qu’une part infime – 0,1% – du total des prestations servies par la branche famille de la Caisse nationale d’allocations familiales, la lutte contre la fraude dans le champ de la protection sociale sert de prétexte à la création de nouvelles bases de données s’appuyant sur de nouveaux répertoires nationaux.

Deux nouveaux répertoires sont en cours de réalisation : le répertoire national des bénéficiaires (RNB) de prestations versées par les caisses d’allocations familiales, et le répertoire national commun de la protection sociale (RNCPS) qui recensera l’ensemble des bénéficiaires des prestations et avantages servis par une soixantaine d’organismes : les différentes branches de la sécurité sociale – maladie, vieillesse, famille, accidents du travail-maladies professionnelles –, les organismes de recouvrement, le Pôle emploi et les caisses assurant le service des congés payés, leur permettant de croiser leurs différents fichiers.

Un rapport rendu récemment public permet d’entrevoir l’ampleur de certaines des conséquences de cette politique. Notons tout d’abord que le choix du NIR comme identifiant unique ne manquera pas de poser problème pour les personnes de nationalité étrangère – l’administration tenant à s’assurer de l’identité de chacun d’une façon incontestable.

D’autre part, le rapport affirme clairement que « l’accès de la Cnaf aux informations détenues par d’autres administrations est l’une des clés de la politique de maîtrise des risques », et il cite l’administration fiscale, la Cnam, le Pôle emploi, et le recours au contrôle du domicile des allocataires. Avouons notre surprise d’avoir constaté que les deux parlementaires rapporteurs n’évoquent à aucun moment la convention du 3 avril 2008 qui organise les échanges d’informations entre les services fiscaux et les organismes de protection sociale.

Ne se croirait-on pas revenu 35 ans en arrière, au temps de Safari ?

[Mise en ligne le 14 février 2009, complétée le 15 février]

 

« La dynamique du système  

qui tend à la centralisation des fichiers  

risque de porter gravement atteinte aux libertés,  

et même à l’équilibre des pouvoirs politiques. »

Adophe Touffait, le 9 avril 1973

 

Afin de mieux lutter contre la fraude, une convention [2] a été signée le 3 avril 2008 entre l’Etat et les principales caisses nationales de sécurité sociale, avec pour objet :  

 de mettre en commun, les informations disponibles en vue de la détection et de la connaissance du phénomène de fraude ;  

 de faciliter les échanges de données entre les différents acteurs de la lutte contre la fraude.

Dans la foulée, Eric Woerth a présenté, au Conseil des ministres du 16 avril, un décret relatif à la coordination de la lutte contre la fraude qui crée une délégation nationale à la lutte contre la fraude (DNLF) dont la mission est de :  

 coordonner les actions menées en matière de lutte contre la fraude par les services de l’État et les organismes intervenant dans le champ de la protection sociale,  

 améliorer la connaissance des fraudes et favoriser le développement des échanges d’informations, l’interopérabilité et l’interconnexion des fichiers dans les conditions prévues par la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés. [3]

En 2007 et 2008, la Cour des comptes s’était déclarée dans l’impossibilité de certifier les comptes de la branche famille de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf). La cour mettait notamment en avant l’absence d’un répertoire national des bénéficiaires de prestations. La mission d’évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss) de la commission des affaires sociales du Sénat s’est saisie de la question et elle vient de remettre son rapport, intitulé « Les comptes de la branche famille pourront-ils être certifiés cette année ? » Nous en reprenons des extraits ci-dessous.

D’après les deux rapporteurs, la sénatrice Christiane Demontès (PS) et le sénateur André Lardeux (UMP), le répertoire national des bénéficiaires (RNB) devrait être pleinement opérationnel à partir de juin 2009, et le répertoire national commun de la protection sociale (RNCPS), qui croisera les fichiers des différentes branches, devrait être progressivement déployé en 2009-2010.

Extraits du rapport d’information N°206 du Sénat [4]

I – L’instauration du répertoire national des bénéficiaires (RNB)

Le RNB est un registre informatique commun aux 123 Caf de France, qui répertorie l’ensemble des personnes bénéficiant des prestations versées par les caisses.

A chaque bénéficiaire est attribué un numéro unique (un identifiant national) qui permet à toutes les Caf d’avoir accès, en temps réel, à l’intégralité des informations le concernant. Cet identifiant personnalisé est affecté aussi bien aux ayant-droits directs d’une prestation qu’à ses bénéficiaires indirects, par exemple les enfants d’une famille disposant des allocations familiales.

Le RNB couvre les prestations familiales et les autres allocations distribuées par la branche famille pour le compte de l’Etat [5]

A. DES OBJECTIFS AMBITIEUX

Alors que la convention d’objectifs et de gestion (Cog) 2001-2004 incitait simplement les Caf à développer leurs échanges informatisés de données grâce à un identifiant national, la Cog 2005-2008 a prévu explicitement que « la Cnaf s’engage à mettre en place un identifiant national et un répertoire national des allocataires destinés à faciliter le développement de l’administration électronique, les actions de contrôle et l’accès à une information sur leur dossier en tout point du territoire ».

Ce projet répond à deux objectifs principaux :  

1. renforcer la lutte contre la fraude [6] et prévenir les indus,  

2. faciliter le travail des agents et simplifier les démarches des usagers.

B. UNE MISE EN PLACE EXIGEANTE

Par rapport à la situation d’origine, la construction du Rnb a nécessité une double opération : attribuer à chaque bénéficiaire un numéro propre et alimenter un fichier national commun aux 123 Caf.

Dans un souci de simplicité, c’est le Nir numéro unique d’inscription au répertoire national d’identification des personnes physiques (Rnipp) qui a été choisi comme numéro unique d’identifiant.

Il faut, pour que le répertoire soit fiable, s’assurer que le Nir renvoie bien à la même personne que celle connue des caisses, en l’occurrence des Caf.  

Celles-ci doivent donc vérifier, pour chacun de leurs bénéficiaires, que les informations liées au Nir d’une personne (nom, prénoms, sexe, date et lieu de naissance, et filiation pour les personnes étrangères) sont exactement les mêmes que celles fournies par l’allocataire au moment de son affiliation.  

Si tel est le cas, le Nir est dit « certifié » et il peut être inséré dans le Rnb.

Une série de problèmes découlent de l’impossibilité, relative ou absolue, d’établir l’identité d’un allocataire de façon incontestable. Ils concernent tous des ressortissants étrangers.

Au 1er janvier 2009, le Rnb répertoriait 33 millions de personnes sur les 34,5 millions de bénéficiaires actifs ou anciens.

Dans le courant de l’année 2010, le Rnb devrait être parfaitement opérationnel grâce à l’articulation automatisée avec Cristal. Dès lors, il ne sera plus possible d’enregistrer et de valider une nouvelle demande de prestation sans que l’application informatique du Rnb vérifie automatiquement que cette demande est compatible avec les informations recensées sur l’allocataire. Si elle ne l’est pas, elle sera mécaniquement refusée.

C. VERS UN RÉPERTOIRE NATIONAL COMMUN DE LA PROTECTION SOCIALE

Le Rnb constitue également une étape indispensable de la construction d’un répertoire national commun de la protection sociale (Rncps).

L’article 138 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2007 a en effet prévu la création d’un fichier unique des assurés, commun aux organismes chargés d’un régime obligatoire de la sécurité sociale (maladie, vieillesse, famille, accidents du travail-maladies professionnelles), aux organismes de recouvrement, à Pôle emploi et aux caisses assurant le service des congés payés. Selon la direction de la sécurité sociale (DSS), une soixantaine d’organismes sont impliqués. Lors de son audition par la Mecss, Mme Annie Henrion, chargée des systèmes d’information à la Direction de la sécurité sociale, a déclaré qu’une « soixantaine d’organismes sont concernés par l’alimentation du Rncps », et ajouté qu’« un nombre bien plus important encore de structures y aura accès ».

Le Rncps devra recenser l’ensemble des bénéficiaires des prestations et avantages de toute nature servis par ces organismes. Pour chaque personne concernée, l’identifiant utilisé sera le Nir.

Le contenu et les modalités de gestion et d’utilisation de ce répertoire doivent être fixés par décret en Conseil d’Etat, après avis de la commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) [7].Celle-ci devrait se prononcer prochainement. Le décret est donc toujours en attente de publication.

Plusieurs changements dans la réglementation en vigueur pourraient faciliter la constitution des différents répertoires nationaux et du Rncps.  

En particulier, il serait judicieux que la demande de Nir auprès de la Cnav pour les personnes étrangères soit faite par les préfectures, qui disposent déjà de toutes les pièces justificatives, et non plus par les organismes de sécurité sociale. La requête d’immatriculation se ferait ainsi en même temps que la création du titre de séjour [8].

II – LES AUTRES CHANTIERS PRÉALABLES À LA CERTIFICATION DES COMPTES

Un instrument indispensable : l’accès aux fichiers de tiers

L’accès de la Cnaf aux informations détenues par d’autres administrations est l’une des clés de la politique de maîtrise des risques. Des avancées significatives ont été enregistrées dans l’usage de cet instrument, même s’il existe encore des marges de progrès. L’une des principales difficultés n’est d’ailleurs pas imputable à la Cnaf mais à la Cnam qui paraît réticente à transmettre certaines des données qu’elle détient.

Quatre domaines sont plus particulièrement concernés :

·         La procédure de transmission des données fiscales (TDF)

Les caisses d’allocations familiales reçoivent transmission des données personnelles relatives aux revenus détenues par la direction générale des finances publiques (DGFiP). Cette procédure a prouvé son efficacité dans l’effort de résorption des indus et dans la lutte contre la fraude, tout particulièrement en ce qui concerne le versement des minima sociaux.

La Cnaf étudie la possibilité, pour 2009, d’enrichir le contenu de ses échanges avec la DGFiP et d’y intégrer des informations sur le foyer fiscal, les personnes à charge et sur le logement. Il s’agit de recouper les données concernant l’isolement, le nombre d’enfants à charge et la résidence alternée, qui figurent dans la déclaration fiscale.

·         Les données transmises par la Cnam

La Cnam a cependant été jusqu’à présent peu coopérative sur ce terrain. Ce n’est qu’en novembre 2008 qu’elle a transmis les montants des prestations versées en 2007.Il est donc nécessaire de mettre en place au plus vite une procédure de transfert des données automatisé avec toutes les Cpam.

·         Les échanges avec Pôle emploi

Il est prévu de mettre en place un échange avec Pôle emploi (fichier d’appel Caf/fichier de réponse Pôle emploi) afin de contrôler les déclarations de revenus faites par les futurs bénéficiaires du RSA en activité dans le secteur privé.

·         Les contrôles relatifs au domicile des allocataires

La Cnaf s’est efforcée d’apporter des réponses aux manquements dénoncés par la Cour dans le contrôle de la résidence des allocataires, on l’a vu, en définissant une cible spécifique et en recourant aux fichiers fiscaux.

En complément de ces actions, les Caf ont été appelées à porter une attention particulière aux courriers dits « NPAI » [9] et à procéder à des vérifications simples auprès d’EDF et de la Poste, particulièrement en l’absence de Nir certifié sur le dossier de l’allocataire.  

Il s’avère que la Poste est en mesure de fournir à la branche un fichier des NPAI mis à jour régulièrement ainsi qu’un fichier des personnes qui ont expressément demandé à ne pas faire suivre leur courrier. [10]

 


[1] Il est bien évidemment impossible d’évaluer les fraudes non constatées ...

[2] Référence : http://www.securite-sociale.fr/inst....

[3] Référence : http://www.premier-ministre.gouv.fr....

[4] Le Rapport d’information n° 206 (2008-2009) du Sénat, rédigé par les deux sénateurs, Christiane DEMONTÈS (PS) et André LARDEUX (UMP), a été déposé le 10 février 2009 ; version pdf : http://www.senat.fr/rap/r08-206/r08... et version html : http://www.senat.fr/rap/r08-206/r08....

[5] Les Caf versent deux types d’allocations : les prestations familiales dont la liste figure à l’article L. 511-1 du code de la sécurité sociale (prestation d’accueil du jeune enfant, allocations familiales, complément familial, allocation de logement, allocation d’éducation de l’enfant handicapé, allocation de soutien familial, allocation de rentrée scolaire, allocation de parent isolé, allocation journalière de présence parentale) et les prestations distribuées pour le compte de l’Etat (allocation aux adultes handicapés, allocation de logement sociale, allocation de logement temporaire, aide personnalisée au logement, revenu minimum d’insertion et revenu de solidarité active à partir du 1er juin 2009). [Note du rapport parlementaire]

[6] La Cnaf souhaite renforcer son action sur le terrain de la lutte contre la fraude notamment avec une nouvelle base nationale « Fraudes ». La création de cette base fait actuellement l’objet d’une demande d’autorisation auprès de la Cnil qui tarde à répondre.

[7] Il est à noter que, dans sa délibération n° 83-058 du 29 novembre 1983 portant adoption d’une recommandation concernant la consultation du répertoire national d’identification des personnes physiques et l’utilisation du numéro d’inscription au répertoire, la Cnil avait demandé « que l’emploi du numéro d’inscription au répertoire comme identifiant des personnes dans les fichiers ne soit ni systématique, ni généralisé », et « qu’en conséquence, les responsables de la conception d’applications informatiques se dotent d’identifiants diversifiés et adaptés à leurs besoins propres ». Cette position réservée peut expliquer que le législateur ait longtemps hésité avant d’autoriser le Rncps. [Note du rapport parlementaire]

Voir également le point de vue exprimé le 20 février 2007 par la Cnil sur l’utilisation du Nir :http://www.cnil.fr/index.php?id=2197.

[8] Dans ses conclusions, le rapport insiste sur cette suggestion : « il serait judicieux, en revanche, pour les flux d’entrants dans le système, de confier aux préfectures la demande de Nir auprès du SNGI – le Système national de gestion de l’identité – pour les personnes étrangères ; les administrations préfectorales pourraient procéder à cette opération à l’occasion de l’instruction de la demande de titre de séjour. »

[9] Courriers NPAI : « N’habite pas à l’adresse indiquée ». Il s’agit de courriers qui ne peuvent pas être distribués soit parce que l’adresse est fausse, soit parce que le destinataire n’habite pas à l’adresse indiquée, soit parce que le destinataire a déménagé depuis trop longtemps ou sans faire suivre son courrier.[Note du rapport parlementaire]

[10] Voir notre page données personnelles : vous n’aviez pas fait attention, car c’était écrit en tout petit ....

 

[http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3129] sur le site de la LDH de Toulon

 

Par Zapatist - Communauté : NPA 94
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Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 11:26

Quand Darcos organise la chasse aux sans-papiers…

 

Après avoir lentement mais surement habitué les écoles et collèges à des descentes en règle de policiers dans leurs locaux, voilà que l’informatisation des données dans le premier degré va permettre à l’Administration d’avoir une information de premier ordre sur tous les enfants de sans papiers et organiser ainsi encore mieux leur chasse.

 

Petit rappel des faits avant explications.

 

Depuis décembre 2004, le Ministère de l’Education Nationale (MEN) a décidé de mettre en place un système centralisé de fichage des élèves à partir de l’âge de trois ans (sic) appelé « Base Elèves Premier Degré » (BE1D).

 

Après une première mobilisation de directeurs et de certaines sections syndicales, des champs que les directeurs d'école devaient remplir ont été supprimés.


La première mouture du MEN était en effet extrêmement liberticide (selon les dires mêmes de Darcos le 17 juin 2008 devant une commission parlementaire !!!) puisque chaque directeur de France et de Navarre devait renseigner les champs tels que en vrac, l’année d’arrivée en France, la nationalité, le suivi RASED (les fameux Rased, inutiles selon notre cher Sinistre… on y reviendra dans un prochain billet), l’enseignement en langue et culture d’origine, le projet d’accueil individualisé (pour les enfants malades) ou encore l’intégration en CLIS (classe pour enfants porteurs de handicaps)…

 

Bref ce premier projet était complètement aberrant  puisque, rappelons-le, toutes données à caractère ethnique est strictement interdite à la collecte dans un fichier informatique (voir les affaires d’embauche à caractère ethnique par exemple).

On le voit : l’affaire était déjà en germe puisque chaque élève en difficulté ou d’origine étrangère était pour le moins marquer au fer rouge…

 

Sous la pression, le MEN publie un arrêté le 20 octobre 2008 dans lequel il est précisé à l’article 4 qu’ « aucune donnée relative à la nationalité et l’origine raciale ou ethnique des élèves et de leurs parents ne peut être enregistrée ». Circulez y’a plus rien à voir semble nous dire Darcos.

 

Mais si la nationalité ne doit plus être mentionnée, il n’en reste pas moins le lieu de naissance  - ou comment faire passer des vessies pour des lanternes !!!

 

Plus inquiétant, l’inscription dans BE (possible dès 3 ans) engendre l’attribution automatique d'un numéro d'immatriculation national (INE, pour Identifiant National Elève) à partir de la BNIE (Base nationale des identifiants élèves).

Tout enfant étranger arrivant en France, n'ayant pas encore d’INE, peut alors être immédiatement repéré comme arrivant de l’étranger et suspecté d'être sans papiers.

 

Rappelons que les parents n’ont pour l’instant aucun droit d’opposition à l’inscription sur Base Elèves. La France devra, sur cette question fournir une question par écrit au comité des Droits de l’Enfant  de l’ONU le 6 avril

 

Rappelons surtout que l’'IA n’a nul besoin d’intervention du Procureur de la République pour répondre aux demandes du Préfet. Le Préfet aura ainsi les adresses actualisées de tous les enfants inscrits dans un établissement scolaire.

Facile et pratique pour organiser des rafles à grande échelle.

Imaginons un seul instant une famille de sans papiers arrivant sur une commune et sachant pertinemment qu’inscrire les enfants à l’école est à coup sûr la voie directe plus ou moins immédiate vers le centre de rétention…

 

Rappelons à notre sinistre ministre que chaque enfant présent sur le sol républicain a droit à une éducation.

 

Apprenons à notre ministre que, nous, directeurs d’école, refusons de nous engager dans cette voie de la délation et dans cette vichysation de la fonction publique.

 

 

No Pasaran

 

A suivre…

 

 

http://retraitbaseeleves.wordpress.com/

http://www.darcos-demission.org/index.html

Par Zapatist
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Mercredi 18 février 2009 3 18 /02 /Fév /2009 15:40

 

 

Neuf intellectuels antillais, Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William ont rédigé ce "Manifeste pour les 'produits' de haute nécessité".



C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle –– à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj – qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé – est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

 

GRÈVE LÉGITIME

 

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

 

Dès lors, derrière le prosaïque du "pouvoir d'achat" ou du "panier de la

ménagère", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

La "hausse des prix" ou "la vie chère" ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte "d'épuration éthique 1" (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain. Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent  à deux misères profondes: être "consommateur" ou bien être "producteur". Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. Alors, quand le "prosaïque" n'ouvre pas aux élévations du " poétique", quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont "le pouvoir d'achat" ou "le panier de la ménagère". Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les "produits de premières nécessités", d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une "haute nécessité".

Par cette idée de "haute nécessité", nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie.

Alors que mettre dans ces "produits" de haute nécessité ?

C'est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le "déterminant" ou bien le "décisif" s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses.

L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos "présidents locaux" pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, toute victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs.

Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement... Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.

Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion.

Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres.

Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du "Marché" et par tous ces mécanismes que crée un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par " l'esprit colonial " et régulées par la distance) que lesprimes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.

 

VICTIMES D'UN SYSTÈME FLOU, GLOBALISÉ

 

Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire.

L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain.

Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables "producteurs" – chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble.

Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique.

 

On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.

 On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile.

 On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous.

On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister.

Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité.

Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale.

Quant à l'idée du "plein emploi", elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple "emploi" et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation.

Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique.

Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres.

Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s'envisagera en "tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue". Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création – créaconsommation. En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.

Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements :

que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...

 

NOUS APPELONS À UNE HAUTE POLITIQUE, À UN ART POLITIQUE

 

Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un "panier de ménagère", mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain.

Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau.

Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.

An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.

Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du "Marché", mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète...

Alors voici notre vision : Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant...

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/02/16/neuf-intellectuels-antillais-contre-les-archaismes-coloniaux_1156114_823448.html

Par Zapatist - Communauté : les anti-capitalistes
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